Les chroniques d'Oakwood - Dans l'ombre de la demoiselle, de Marianne Stern

Publié le par Littérature Fantastique

Les chroniques d'Oakwood, dans l'ombre de la demoiselle

de Marianne Stern




Résumé :

Oakwood, son église, sa grange abandonnée, ses tavernes, son cimetière. Et ses sorcières, au grand dam des prêtres qui se succèdent sans parvenir à éradiquer les diableries.
Lorsque la nuit tombe, les ombres s'étirent et drapent le hameau d'un manteau de noirceur, laissant à la lune le soin d'épier les plus sombres desseins. Cruelles malédictions et engeances démoniaques arpentent alors librement les rues aux faveurs de l'obscurité ; mieux vaut ne pas s'attarder en-dehors des logis, au risque de rencontrer la Mort au détour d'une bâtisse.
Pourtant, le vieux cimetière attire bien des convoitises... Certains affirmeront avoir aperçu la lueur chétive d'une lanterne au détour d'une tombe, d'autres diront avoir entendu des hurlements déchirants briser la torpeur nocturne. Les plus folles rumeurs circulent au village, mais ses habitants s'accordent à dire qu'il ne se trame rien d'anormal.
Entre spectres, pentacles, corbeaux et cadavres, quelques téméraires se risquent toutefois à des errances en solitaire. L'un en quête de l'être aimé, l'autre animé par une vengeance inassouvie, ou tout simplement, à la recherche du repos éternel. Or tous ignorent que dans l'ombre, la demoiselle d'Oakwood veille...


Editions : Chat Noir
Date de parution : janvier 2013

***



Lecture dans le cadre du partenariat avec les éditions du Chat Noir (merci pour l'exemplaire !). Sourire

Avis de Line :

Petite surprise en ouvrant ce livre : cela se passe à la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe siècle ! J’avais déjà entendu un extrait du bouquin, mais je ne m’étais pas rendue compte qu’il s’agissait d’un récit dans le passé. Cela le rend encore plus effrayant ! affraid Il s’agit de diverses histoires, qui ont pour lien le village d’Oakwood et sa mystérieuse demoiselle qui se ballade dans la partie nord du cimetière (la partie des maudits !). Je n’aurais pas aimé vivre dans ce village pendre : les jeunes filles y trouvent beaucoup trop souvent la mort… Quand elles ne sont pas assassinées par de terribles meurtriers, elles sont brûlées sur le bûcher pour sorcellerie ! Mais sont-elles toutes innocentes ? Difficile à dire, puisque certaines ont la langue tranchée et ne peuvent donc pas se défendre… On parcourt une trentaine d’années dans ses chroniques. On revient parfois en arrière, pour faire la lumière sur les faits. On côtoie plusieurs personnages : ils se sont sans doute tous connus dans ce village, mais on ne fait les liens entre eux que toujours plus tard dans le roman.
J’ai beaucoup apprécié ce type de narration Yup, avec des découpages des récits, des retours en arrière, etc. Cela demande un réel travail de la part de l’auteure. Ce n’est qu’à la fin du livre qu’on voit enfin l’ensemble de la ligne du temps, qu’on noue tous les fils.
Les histoires sont macabres, effrayantes. RIP On sait que de nombreuses innocentes ont été brûlées par simple superstition, mais le lire comme cela fait froid dans le dos. On en vient, comme certains personnages, à rejeter la faute sur la religion : poussée par des prêtres voyant Satan partout, la foule est prompte à oublier toute humanité. On ne voit aucune amélioration possible pour Oakwood, il semble aller d’horreur en horreur. Il est dangereux de ne pas se fondre dans la masse, même un simple adultère peut avoir des conséquences funestes… Mais que tous les maudits se rassurent, la demoiselle est là pour s’occuper d’eux ! C’était assez déroutant d’ailleurs de voir qu’aussi bien le prêtre que la demoiselle mettaient meurtriers, condamnés à mort innocents, suicidés, véritables sorcières et innocentes jeunes filles brûlées pour sorcellerie, dans le même panier ! Le prêtre les faisait enterrer sans sépulture correcte dans la partie nord du cimetière, et la demoiselle cherchait à lever les malédictions du prêtre, quelles qu’étaient les raisons de leur présence dans cet endroit, sans jugement aucun.
La fin du roman est à la fois terrible et irrévocable, mais apporte chez le lecteur un sentiment de soulagement, presque de justice accomplie. Car c’est typiquement le type de livre dont vous n’osez pas tourner les pages, vous attendant toujours à trouver pire que ce que vous venez de lire. Je ne me suis attachée à aucun personnage, peut-être par peur, mais des images du village resteront longtemps gravées dans ma mémoire Sophie : l’inquiétante grange abandonnée à l’entrée, le vieux chêne des pendus, le bûcher habilement embrasé avec de la poix, l’église et ses fidèles, l’atelier de l’apothicaire, et surtout les tombes anonymes du cimetière des maudits !

Bref, ce livre est fait pour les amoureux du fantastique et des anciens récits de sorcières. Pas celles qui lancent des sorts et font bouillir les petits enfants dans des marmites, non, celles qui ont été persécutées, à tort ou à raison, par l’Eglise, celles qui avaient un œil sur le monde des morts, des êtres maudits. Et puis, Marianne Stern et son écriture soignée ont vraiment le don de vous plonger dans le quotidien d’un village d’antan ! Un roman qui se démarque donc par son originalité (son retour aux sources ?) par rapport à la vague fantastique actuelle ! Sourire

Ma note : 4,5

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