Le cycle de Drenaï, Légende de David Gemmell

Publié le par Littérature Fantastique

 

Le cycle de Drenaï

 

Légende

de David Gemmell

 

97828111

 

 

Résumé : Son nom est Druss. Garçon violent et maladroit, il vit dans un petit village de paysans situé au pied des montagnes du pays drenaï. Bûcheron hargneux le jour, époux tendre le soir, il mène une existence paisible au milieu des bois. Jusqu’au jour où une troupe de mercenaires envahit le village pour tuer tous les hommes et capturer toutes les femmes. Druss, alors dans la forêt, arrive trop tard sur les lieux du massacre. Le village est détruit, son père gît dans une mare de sang. Et Rowena, sa femme, a disparu… S’armant de Snaga, une hache ayant appartenu à son grand-père, il part à la poursuite des ravisseurs. Déterminé à retrouver son épouse, rien ne devra se mettre en travers de son chemin. Mais la route sera longue pour ce jeune homme inexpérimenté. Car sa quête le mènera jusqu’au bout du monde. Il deviendra lutteur et mercenaire, il fera tomber des royaumes, il en élèvera d’autres, il combattra bêtes, hommes et démons. Car il est Druss, et voici sa légende…

 

 

 

Avis de Nymphy : 'Oh mon dieu, oh mon dieu!' aura été l'interjection que j'aurais le plus utilisée lors de la lecture de ce livre. Et pas dans le bon sens.



Comme je l'ai dit dans mes précédents posts, j'ai eu vraiment beaucoup de mal à accrocher à l'univers du Cycle de Drenaï. Peut-être est-ce de ma faute, mais personnellement, quand je lis de la fantasy, c'est pour m'évader dans un monde où rien ne ressemble au nôtre. Oui, je veux de la magie, je veux des créatures imaginaires, je veux de l'aventure, des amours impossibles et bien sûr, la guerre typique qui est au centre de ce genre de récits. Or, tout cela faisait cruellement défaut dans ce livre, où l'originalité (Et encore le mot est faible) était d'une banalité affligeante (à part peut-être un effort pour trouver des noms étranges, d'ailleurs, il y en a deux trois qui étaient pas mal).

Commençons par les personnages, source première de mes cris incessants rire.

Virae, une fougueuse comtesse, élevée en vraie guerrière, fière, farouche, qu'aucune homme n'a jamais touché bref, une vrai Lara Croft de fantasy, MAIS qui ouvre les jambes au premier venu ! Oh mon dieu oh mon dieu ! Silent

Druss, la fameuse légende, que tous admirent, imbattable, fort comme un boeuf, lumière dans les ténèbres, source d'espoir, mais quelle vulgarité (Qui a compté le nombre de 'Fils de pute !' ?', franchement hallucinant ! oO), mais quelle petitesse d'esprit, Voix Rambo on 'Je comprends rien à ce que vous me dites. Moi, je suis un soldat, je tue et c'est tout', bref tout dans les muscles, rien dans la tête! Peut-être que Rambo et cie, ça passe à la télé, sur papier, un vieux grincheux qui gueule, qui pue et qui ne sait dire que 'Ta gueule !', c'est franchement ridicule et peu crédile. Je n'ai pas cru à sa légende ne fut-ce qu'une seconde et il ne m'a pas emmnée avec lui dans la bataille. Quand il est mort, je n'ai eu aucune émotion. Bref, un personnage très mal développé Silent.

Autre personnage féminin qui vaut la peine d'être citée: Caessa ! Comme Virae, une vraie guerrière, une iron maiden, mais quelle arrogance, quelle suffisance ! J'ai bien aimé aussi le fait que parce qu'elle était désirable aux yeux de tous, son but n'était que 'la provocation, comme l'est le but de toute femme'. Oh mon dieu ! Oh mon dieu ! Silent.

Allez, un petit dernier pour la route, je l'aime bien celui-là : le petit Flécheur. Fier guerrier, détrousseur de ces bois à la Robin des Bois, mais qui a un gros chagrin sur le coeur...
Spoiler:

Il a accidentellement tué son père et son frère et il ne parvient pas à passer au-dessus. Il aura donc besoin de l'un de ces fameux discours moralisateurs dont je vais parler plus bas.
Bref, laissons ces pauvres gens en paix, ils ont déjà vécu la guerre, ils n'ont pas besoin de mes foudres en plus. rire

Passons à l'intrigue en elle-même.

Vous êtes prévenus : il faut attendre environ 350 pages avant que l'intrigue ne démarre. 350 pages d'une importance primordiale car elles servent à délivrer des vérités du genre :

- 'Tu veux être guerrier ? Tu veux être un soldat ? Reste chez toi, petit ! Tu ne comprends pas que ce n'est pas un jeu ? Que tu vas mourir ? Cherche toi une femme, fais ds enfants, et chante leur nos exploits, pour nous qui comprenons vraiment l'enjeu de tout ceci !'

Oh mon dieu ! Oh mon dieu ! Silent

- 'Allez, fiston, ta femme est morte, mais d'autres que toi ont vécu ça avant. Tu vas pas te tailler les veines pour ça, il y a toute une armée prête à le faire pour toi.
- Je m'en fous ! Je l'aime !!!!!!
- Allez, calme-toi, petit. Ca va passer. Enfin, pas trop...'

Oh mon dieu ! Oh mon dieu ! Silent

Franchement, j'ai rarement lu une histoire aussi kitsch. C'est fascinant, parce qu'à la base, c'est censé être une histoire de gros durs quand même. rire Alors, autant avec le Seigneur des Anneaux, on a envie de se lever de son siège de prendre un balai et un carton (traduction: une épée et un bouclier) pour se jeter dans la mêlée (en gros courrir dans le jardin en hurlant 'Pour FRrrrrrrrrodon !' sous les yeux du chat, qui d'un air condescendant va penser 'Quelle mouche a encore piqué cet humain ? Il faudrait peut-être qu'il arrête les livres'), autant là, on rigole tellement ça fait pitié. Honnêtement, je ne critique pas l'idée en elle-même des discours moralisateurs (oui, oui malgré la virulence de mes propos). En toute honnêteé, il y a vraiment de beaux passages - surtout sur la fin - et personnellement, étant idéaliste, je suis une grande amoureuse de principes et de valeurs. Mais répétés pendant 350 pages et pas toujours très bien écrits, c'est vraiment trop et ça ne parvient en rien à masquer la pauvreté du récit. Car il ne faut pas s'y tromper. Derrière les nombreux personnages, les tentatives de descriptions psychologiques ratées (Ben oui, on dirait qu'ils ont tous eu une vie malheureuse et qu'il faudrait tous les plaindre, les pauvres), il ne reste pas grand chose à part 'Les Nadirs vont arriver, on va tous mourir, le ciel est bleu aujourd'hui, blablabla...' Mais encore !!!!

D'autant plus que tout ça est écrit dans un style très cahotique! Autant il y a des passages très bien écrits, qui donneraient presque envie de pleurer, autant on retombe tout aussi vite dans le 'Bouge-toi, fiston, que je casse la gueule à ce putois qui me gêne la vue'. pendre

Cependant, je dois être honnête et donner quelques points positifs. Après la lecture fastidieuse de ces 350 pages, les Nadirs sont finalement arrivés et j'ai ENFIN pu apprécier ce récit. Vous allez me dire, 'De l'action après autant d'attente, il y avait de quoi apprécier', mais ce qui m'a vraiment plu a été l'introduction tant attendue de quelques éléments fantastiques. J'ai beaucoup aimé la façon dont les Trente attaquent (même si ça ne tient qu'en une page, ça avait le mérite d'être intéressant), l'explication des différents murs (idem, ça ne tient qu'en une page, mais c'était intéressant), mais j'ai surtout aimé la fin de la guerre, la sorte de petit humour qui m'a permis de terminer le livre dans la bonne humeur.
Spoiler:

En effet, l'idée d'aller faire la fête chez leurs adversaires m'a véritablement conquise. Et puis, j'avoue que j'étais heureuse de voir Rek récupérer sa Virae, aussi simple soit-elle.
Je terminerai en disant que les incessants changements de point de vue qui m'avaient tant énevée au début ont fini par me gagner à leur cause. A suivre autant de personnages aussi peu charismatiques, un peu de changement de ne fait de mal à personne. Et puis, ça m'a aussi donné l'impression d'être dans un film, comme si une caméra filmait discrétement les petites actions que l'Histoire oublie toujours dans ses grands récits de guerre.


En conclusion, je ne sais que dire. Que ce livre soit considéré comme un classique de la littérature fantasy me laisse coite. Franchement, y a beaucoup beaucoup beaucoup mieux, que ça soit au niveau de l'intrigue, des personnages, des éléments imaginaires ou du reste. Il y a bien 300 pages en trop dans ce livre, franchement, on dirait qu'on a écrit pour dire d'écrire. Comme je l'ai dit, je dois avouer que la fin m'a un peu réconciliée avec l'auteur, même si honnêtement, je doute lire un autre de ces livres. Je dirais donc que pour moi c'est un fantasy 'de gare', càd à lire quand le train qu'on doit prendre a 2 heures de retard et qu'on a rien d'autre sous la main ou quand on est coincé pendant 2 jours à l'aéroport comme ce fut le cas pour de nombreux passagers les deux hivers passés. Sinon, lisez Tolkien, 1000 fois mieux.

Allez, un petit 2,5 pour ne pas être trop méchante.

 

Publié dans Fantasy

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Commenter cet article

Florent 11/06/2015 22:03

Bonsoir... et, pas d'accord.

A la lecture de cet avis, j'ai l'impression de ne pas avoir lu le même bouquin. Hormis votre critique sur la farouche Virae qui ouvre son intimité un peu trop rapidement à mon goût. Non pas que je n'aime pas les filles faciles, mais là ça ne colle pas...

Je crois sinon que vous êtes passé à côté. Il est vrai que si l'on prend les éléments bout à bout, on en vient vite à : une guerre se prépare, des renforts arrivent, la légende est là, attente et guerre, enfin. Mais ce n'est pas que cela. Gemmel revendiquait son côté honneur, courage etc. C'était assumé et moi je trouve que c'est plutôt bien réussi.
Après tout, la Fantasy n'est-elle pas faite de clichés ? Et que dire de Tolkien dont les héros ne vivent pas en dessous de la ceinture ?

Bref vous devriez donner une seconde chance à ce bon vieux David (paix à son âme) en lisant Waylander.

Cordialement,

F.

Luna 13/10/2011 10:51


C'est vrai que nos avis doivent être totalement différent ! Cela dit c'est très intéressant :)


Line 11/10/2011 21:33


Oui, quand on compare vos deux avis sur ce livre, on ne croit pas que vous parlez du même bouquin. Enfin non, vous avez relevé les mêmes points, sauf que ce qui a plu chez l'une a dérangé
l'autre.
C'est peut-être une question d'entrer dans l'histoire ou pas finalement. :)
Bon Nymphy, je suis toujours prête à te le racheter ! XD Par contre, trouver le temps pour le lire, c'est autre chose... :s


Luna 11/10/2011 19:13


Je dois dire que contrairement à toi j'ai accroché dès le début... je n'ai pas attendu 350 pages, à croire qu'on a pas lu la même histoire ;)


Line 09/10/2011 23:32


Cet avis imagé humoristique est extrait du forum. Il est à prendre au second degré bien sûr et fait suite à une série de réflexions dans le cadre d'une lecture commune qui fut, vous l'avez compris,
assez pénible pour Nymphy. Elle a préféré en rire qu'en pleurer, en nous faisant partager ses émotions (avis subjectif et exagération clairement revendiqués) ! Je ne sais pas personnellement si
cela m'empêchera de lire ce livre (nous n'avons pas les mêmes goûts en matière de fantasy) mais toute opinion est bonne à prendre après tout ! XD