Dames de Lune, Fées des Brumes

Publié le par Littérature Fantastique

Dames de Lune, Fées des Brumes

Auteurs : Ambre Dubois, Aline Finley, Angelique Ferreira, Celine Guillaume, Malaika Macumi, Stephane Soutoul, Vanessa Terral et Lia Vilore




Résumé : Une jeune magicienne est désignée pour débarrasser son royaume d’un terrible dragon... Une adolescente insouciante se retrouve transportée dans un monde inquiétant... Une fée est prête à tous les sacrifices pour sauver son prince d'une mort certaine...Un médecin fait une expérience des plus étranges au chevet de sa patiente sur le déclin...

Huit illustrations. Huit contes mêlant magie et amour. Allez à la rencontre de divinités et de créatures démoniaques ou merveilleuses... Découvrez ces histoires au parfum de terribles malédictions, de destins tragiques mais aussi de courage et de nobles sentiments !



Genre : Fantastique/Fantasy
Sortie : janvier 2012
Nombre de pages : 230
Prix : 19,90 €


Couverture et illustrations intérieures : Cécile Guillot

 

 

Cette lecture chroniquée par Line a été réalisée en partenariat avec les Editions du Chat noir. Ivy devait réaliser cette chronique mais finalement elle a été confiée au bon soin de Line pour changer un peu .


 


Avis général :

Disons le tout de suite, je ne suis pas fan du format « nouvelles ». J’ai toujours un goût de trop peu dans la bouche, ou alors je ne profite pas bien de l’histoire car il me faut du temps pour entrer dans le texte. Bref, je n’étais pas a priori la lectrice idéale pour ce recueil. Oui, et pourtant… je ne regrette pas du tout cette lecture. Sourire
Tout d’abord, mentionnons les superbes illustrations de Cécile Guillot. jumpy Loin de nous gâcher la lecture par des images spoilantes, elles intriguent et donnent envie de connaître leur véritable sens. Ensuite, cette anthologue s’organise autour d’un thème original aux sonorités poétiques et mystérieuses. La grande diversité d’interprétation de ce thème est de plus l’une des grandes forces du livre. On ne s’ennuie pas tant les nouvelles sont diversifiées : aucune ne ressemble à l’autre. Et, toujours dans cette idée de changements, plusieurs genres de l’imaginaires sont touchés (fantastique, fantasy, fantasy urbaine, etc.), ce qui permet à chacun d’y trouver son bonheur. Les nouvelles sont de longueur variable, et chaque auteur a sa plume bien a lui. J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir l’écriture de ces conteurs et je lirai avec joie leurs futurs romans. Il n’y avait pas de meilleures nouvelles que les autres. Il est difficile de comparer des textes si différents aussi. Pour ma part, mes deux coups de cœur furent L’étrange histoire du luthier amoureux de Stéphane Soutoul et Dame Astraea d'Angélique Ferreira, le premier pour avoir su mettre de la musique en mots, le second pour m’avoir transportée au fascinant pays des fées. Au sinon, l’anthologie a réuni dans l’ensemble tous les sentiments : l’amour, la peine, la joie, l’orgueil, le désespoir, etc. Le lecteur est impliqué, qu’il le veuille ou non, en douceur ou brutalement, dans le monde des Dames de lunes, Fées des brumes. Sourire
Ma note générale pour l’anthologie : 4



Voici mes avis, écrits entre chaque nouvelle  :



Ralvn. Plumes noires au vent du Nord de Vanessa Terral

 Ralvn est l’héritière de deux cultures, de deux religions. Fille d’une déesse de l’Olympe et d’une créature du monde scandinave, elle se fond discrètement au monde chrétien. Après des siècles de solitude loin des siens, elle se voit confier une importante mission et devenir une Gardienne.

Avis : Quelle jolie nouvelle ! jumpy Vanessa Terral nous plonge dans son sombre univers petit à petit, en choisissant avec soin chaque mot. L’écriture est recherchée, un peu poétique, il y a même certaines inventions d’expressions surprenantes qui font sourire. Mais l’atmosphère reste angoissante, à la hauteur du récit. Le lecteur est totalement pris dans ce monde. Le mélange des différentes croyances marche étonnamment très bien. Les diverses mythologies se côtoient subtilement et les légendes sont racontées au cours du récit sans perturber le rythme. J’ai d’ailleurs vraiment aimé l’originalité de l’histoire, de la façon de l’introduire, de présenter les personnages. Il y a aussi bien des moments de calme que des moments à l’action haletante. Mon seul petit bémol va aux personnages. Ils sont originaux, bien décrits, finement dessinés tant dans leur nature que dans leur personnalité individuelle, mais je n’ai pas réussi à m’attacher à eux. Pourtant, il y avait tout pour. Chacun a une histoire à la fois touchante et intéressante, mais - et c’est peut-être la brièveté du format de la nouvelle qui veut cela – leur destin individuel ne m’a fait ni chaud ni froid. Seul comptait pour moi le résultat final, la quête, le but, du récit.
Petite mention pour terminer pour la révélation finale assez surprenante.
En conclusion, cette nouvelle est prenante et agréable, et c’est un plaisir pour les yeux de lire un texte aux phrases si travaillées. Sourire

Remarque : C’est une bonne nouvelle pour commencer, car elle aborde en douceur mais explicitement le titre mystérieux. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en ouvrant ce recueil, et cette nouvelle a fait fuir mes appréhensions premières.

 

 

 

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La légende du dragon d’ambre de Céline Guillaume

 Une terrible bête fait de nombreuses victimes dans la région du château de Bourguaneuf. La magicienne Tendrelune pourra-t-elle mettre fin à la terreur ?

Avis : Cette nouvelle est très courte : toute l’action se concentre sur quatre pages. En si peu de lignes, l’auteure a toutefois réussi à nous présenter la situation de ce pauvre château de Bourganeuf qui subit quotidiennement les assauts d’une créature presque invisible. Cependant, tout va un peu trop vite. À peine une question est posée qu’elle trouve sa réponse au paragraphe, voire même à la ligne, qui suit. Cela enlève au lecteur le plaisir de la découverte.
Au sinon, j’ai bien aimé l’aspect « gentil conte d’autrefois » de la nouvelle. C’est le genre d’histoire qui plaira beaucoup aux petits enfants et fera devenir nostalgique les plus grands. On reste sur sa faim à beaucoup de niveau mais cette nouvelle dégage dans son ensemble un certain charme, avec ses petites notes magiques et ses touches de fantasy. Il s’agit d’une sorte de légende (c’est dit dès le titre me direz-vous) qu’on se raconterait bien au coin du feu lors de nos campings en forêt entre amis.

Remarque : J’ai eu du mal à comprendre le rapport entre le titre de l’anthologie et cette nouvelle, mais après tout, lire quelque chose d’inattendu n’est pas une mauvaise chose.

 

 

 

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Mademoiselle Hilda de Malaïka Macumi

 Un médecin de la fin du XIXe siècle s’occupe d’une patiente à la maladie incurable. Il voit des choses étranges… Est-il victime d’hallucinations ou faut-il repousser les limites du réel ?

Avis : Texte court mais efficace. L’ambiance est digne de celle des œuvres romantiques du siècle dernier. Dans un paysage maritime dans lequel la solitude et le chagrin se fondent admirablement bien, le médecin fait un narrateur exquis. Tout en retenue au niveau des sentiments, ses mots font ressortir toutefois la tristesse qu’il éprouve face à la maladie de sa jeune patiente. Les phrases sont joliment tournées (malgré quelques coquilles), et j’ai particulièrement aimé le respect du ton du siècle passé. Les références à Rousseau, ou même à Madame de La Fayette contribuent aussi à souligner le caractère des personnages. Les étranges découvertes du médecin m’ont fascinée et j’ai apprécié le petit clin d’œil non avoué à Oscar Wilde.

Remarque : La brume est un peu mince comme éléments du titre… mais, pourquoi pas ?

 



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L’étrange histoire du luthier amoureux de Stéphane Soutoul

 Un fameux luthier prend pour pupille l’enfant de dangereux magiciens noirs. Son talent fait également la joie du fils légitime de l’artisan, qui lui ne s’intéresse pas du tout au métier de son père, et peut ainsi mener sa vie frivole. Mais les deux hommes tombent amoureux de la même jeune fille, une violoniste envoûtante.

Avis : J’ai eu un gros coup de cœur pour ce texte ! Love Il est bien écrit, assez surprenant, et très musical. Les sentiments sont si bien décrits que nos oreilles entendent réellement les notes qui sortent du violon. J’ai vraiment adoré l’évolution du personnage principal. Je trouvais les protagonistes de l’histoire très stéréotypés au début : il y avait le jeune travailleur, gentil, profondément bon qui voulait faire oublier ses origines, et puis le coureur de jupons très oisif. Mais si ils sont si opposés (le bon et le fainéant), c’est pour nous surprendre bien plus par la suite. Car la belle Emeline est sincère dans son amour pour le Don Juan, autant que le jeune luthier l’est dans son amour non partagé, désespéré, à distance. La jalousie le fera-t-elle changer ? Résistera-t-il à l’influence néfaste de ses noires origines ? L’auteur nous livre les pensées les plus sombres du héros, avec toutes ses hésitations et réflexions, et il est impossible de deviner à l’avance son choix final. Chaque rebondissement est surprenant, l’auteur s’amuse à nous mener en bateau à plusieurs endroits, la fin est totalement inattendue, et le personnage est vraiment très attachant. Un sans faute pour ce magnifique texte, aux touches musicales et de fantasy. Il fait penser un peu à une légende, un conte mélancolique, à lire et à relire sans modération.

Remarque : J’ai eu également du mal à comprendre en quoi le thème était respecté, mais finalement, je me dis que, à sa manière, Emeline est une sorte de « dame de lune ».



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La maison de la Sorcière de Aline Finley (Loswen Faenyn)

 Une petite fille s’est prise d’affection pour une forêt et les fascinantes créatures qui y vivent. Mais dans ce contexte de persécution des hérétiques, il n’est pas toujours bien vu de se dire amie d’elfes et de nymphes…

Avis : J’ai deux avis assez contradictoires sur cette nouvelle. J’ai eu beaucoup de mal à entrer dans l’univers. Tout d’abord, il y a une longue partie au début à l’époque contemporaine qui est écrite en italiques, ce qui rend la lecture plus lente. Ensuite, il y a de nombreuses pages avec de nombreuses descriptions. Cela a ralenti ma lecture. Cependant, d’un autre côté, j’ai vraiment apprécié le fait que l’auteure s’attache aux détails de la nature, nous faisant voir le paysage sous les yeux de la jolie protagoniste principale. De plus, il est difficile de prévoir les événements à l’avance, et chaque scène est surprenante. J’ai également trouvé intéressant de voir la vie des gens de l’époque et comment les croyances étaient perçues, sous le regard d’une enfant.
Je n’ai juste pas bien compris la réaction du père à la fin.
Elle est l’innocence même et ne peut comprendre les devoirs qui régissent la vie des hommes. Bref, un chouette récit assez émouvant.

Remarque : Je n’ai pas bien compris le rapport avec le thème de l’anthologie... J'ai bien une hypothèse, mais est-ce la bonne ?

 

 

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Vanité ou destinée de Ambre Dubois

 La jeunesse de nos jours n’a plus aucun respect pour les anciens lieux de cultes celtiques. Lorsque Christina trouve une jolie pierre non loin d’un dolmen, elle se dit qu’elle s’en ferait bien un pendentif…

Avis : Cette nouvelle est très plaisante. L’écriture est fluide et les événements sont bien menés et inattendus.
J’aime beaucoup cette noire atmosphère féerique, avec une cour Unseelie qui semble être sur le point de disparaître complètement dans l’oubli. Les personnages sont effrayants, l’héroïne est à la fois sotte et merveilleusement ordinaire, et le monde imaginaire est froid et terrifiant à souhait. La fin est également réussie, s’achevant sur de lugubres présages. Je regrette un peu que ce texte soit si court. J’aurais aimé connaître la suite.

Remarque : On se trouve à 100% dans l’interprétation littérale du thème.



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La toile de Líadan de Lia Vilorë

 Líadan est une très belle fée, mais tout le monde la craint. De nombreux humains se sont fait dévorer par son armée d’araignées. Le roi voudrait apaisait la colère de cette terrible fée : il envoie son meilleur chevalier, qui semble tomber immédiatement sous le charme. Mais son amour est-il réellement sincère ? La Mórrígan elle-même avertit Líadan de rester méfiante face à cet homme orgueilleux.

Avis : J’ai vraiment été emballée par cette nouvelle, qui a des sonorités de contes et de légendes celtiques. L’ambiance est morbide, et pourtant l’effrayante Líadan ne semble chercher qu’une chose : à être aimée. C’est ce qui la rend, malgré tout le tas de victimes qu’on pourrait lui reprocher, si attachante et humaine à mes yeux. Le chevalier lui non plus n’est pas parfait, et bien malin qui devinera la fin de leur aventure ! J’ai aimé la tension qui régnait durant tout le texte. L’auteure laisse son lecteur dans le doute. Il se retrouve dans la même position que la fée : faut-il croire les paroles du chevalier ? J’aurais aimé en savoir un peu plus sur les motivations de la Mórrígan par contre. Elle a une attitude assez contradictoire envers Líadan et je me pose beaucoup de questions. Mais bon, ce n’est qu’un détail. J’ai apprécié cette histoire dans son ensemble, elle m’a séduite.
Pour terminer, la fin de cette nouvelle marque d’une certaine manière un nouveau départ, dans une direction différente, et je serais curieuse de lire la suite si suite il y a !

Remarque : On est en plein dans le thème (littéral) et pourtant cela reste surprenant !



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Dame Astraea de Angélique Ferreira

 En moyenne, une seule fée Astraea naît par siècle. Porteuse de sagesse, elle a pour mission de protéger ses souverains. Elle ne pourra aimer, sous peine d’être transformée en statue de sel. Le roi Oberon et la reine Titania sont très heureux de voir qu’ils ont été choisis comme famille d’accueil de la petite Yuuna. Le prince héritier, lui aussi, se prend d’affection pour la petite fée… un peu trop peut-être ?

Avis : Et bien, on finit cette anthologie en beauté ! Encore un coup de cœur pour ma part ! Cette nouvelle est très longue au niveau du nombre de pages, mais je vous assure, aucune ligne n’est à enlever. Il n’y a pas de temps mort. Je suis entrée dans l’histoire dès le départ et la fin surprenante m’en a fait ressortir de façon brutale.
J’ai beaucoup apprécié l’univers des fées, avec son mode de vie et ses coutumes particuliers. Peut-être est-ce moi qui m’emballe un peu, mais je n’ai pu me retirer de la tête, pendant toute la première partie, la version filmographique animée du célèbre conte Poucelina. J’y vois un certain parallélisme (suis-je la seule ?) dans le fond, avec ce prince rebelle qui chevauche un bourdon appelé Eclair, ce petit être qui naît sans ailes et qui se retrouve parfois en danger du fait de sa solitude, et ces souverains qui utilisent un carrosse tiré par un papillon. Cela m’a rendue nostalgique : j’adore ce dessin animé ! La ressemblance entre les deux histoires s’arrête très vite bien sûr, mais encore une fois j’ai aimé cette ambiance.
La nouvelle est divisée en plusieurs chapitres. Il y a de plus en plus d’action, et on dépasse même les limites du royaume des fées pour parvenir dans celui des hommes, où humains, elfes et sorcières se côtoient.
Tous les personnages sont attachants: la petite fée, le prince, les souverains (le roi est tout de même très exigeant !), la mentor, l’elfe, etc. Le caractère rieur du prince se marie très bien avec celui déterminé et studieux de la damoiselle Astréa : les dialogues entre les deux sont toujours plus qu’agréables à lire !

Remarque : Thème respecté du début à la fin !

 

 

 

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Bientôt la chronique d'Ivy sur les Damnés de Dana du même éditeur.

Publié dans Fantastique

Commenter cet article

Line 30/05/2012 12:49

Si tu aimes bien les nouvelles, c'est vraiment un chouette livre à découvrir. :)

Luna 30/05/2012 11:55

J'ai envie de le lire maintenant !

Line 21/05/2012 23:58

De rien ! ;)
J'ai vraiment beaucoup aimé ta nouvelle ! :)

Angelique Ferreira 21/05/2012 16:39

Bonjour,

Je te remercie de cette superbe chronique